ULiège : la création d’un nouveau réactif fait le tour du monde

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Il y a quelques jours, l'Université de Liège a annoncé la mise au point d'une technique de dépistage basée sur un nouveau réactif, capable de tester plus vite et moins cher le coronavirus. La nouvelle n'a pas tardé à se diffuser à travers le monde. A l’heure actuelle, de plus en plus de pays se tournent vers l'université belge dans l'espoir de pallier au manque de réactifs.

La collaboration entre les neuf meilleurs chercheurs de l’ULiège (des chimistes de GreenMat ainsi que des biologistes moléculaires du GIGA et du FARAH), a donné les résultats escomptés. Le coup de génie ? L’anticipation. Fabrice Bureau, biochimiste et biologiste moléculaire à la faculté vétérinaire de l’ULiège, souligne : ‘On s’est dit au départ que les produits allaient manquer et qu’il fallait y œuvrer rapidement. Les chaînes de synthèse des réactifs n’ont pas été mises en route à temps par les autres. Nous avons donc de l’avance“. Grâce à l'anticipation, il est donc à présent possible de tester plus rapidement 10.000 à 20.000 personnes par jour en Belgique et même davantage dans le monde.

Une étape fondamentale dans le développement de cette nouvelle technique de dépistage a été l'aimantation. Pour aimanter la fiche génétique du virus, l’association entre le monde minéral d’un côté et celui du vivant de l’autre, à travers des microbilles magnétiques recouvertes de silice, s’est révélée gagnante. C’est grâce au support du centre de référence de la KUL que la trouvaille de l’Université de Liège a pu être validée : les chercheurs du centre de référence ont en effet obtenu une fiabilité de 95 %, ce qui a permis  l’autorisation d’utilisation. Depuis lors, le gouvernement belge a commandé la production de 40 à 50.000 réactifs par jour pour alimenter les cinq laboratoires pharmaceutiques belges qui possèdent les machines : UCB, GSK, Janssen, KUL et ULiège.

En deux jours seulement, l'Université de Liège a été submergée par les sollicitations internationales pour les réactifs développés dans les laboratoires liégeois, indispensables au fonctionnement des machines de tests automatisés. « Suède, Allemagne, Estonie, Sénégal, Pérou… ça n’arrête pas... On ne saura pas produire pour tout le monde. Mais on pourra leur donner la recette après avoir fait breveter notre trouvaille, car il y a déjà des requins qui veulent nous la racheter. » confirme Fabrice Bureau.